1998 - Afrique du Sud, (octobre)
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| parc Hululuwé | sur les bords du Zambèze |
Je voulais tourner la page sur 40 ans de vie professionnelle.
Départ pour Le Cap, 14 heures de vol vers l 'Afrique du Sud que je croyais un Eldorado.
C'est l'idée d'observer les animaux sauvages en liberté qui m'a poussée vers ce voyage. Mais, leur sécurité, comme celle des habitants, font qu'ils sont regroupés dans d'immenses parcs que nous irons arpenter dans de grosses jeeps conduites par un ranger armé.
Deux parcs différents : l'un dans la chaleur du parc Kruger, l'autre sous la pluie et dans l'abondance de la verdure du parc d'Hululuwé. Ainsi, girafes, éléphants, léopards à peine visibles dans les hautes herbes, mais vu de mes yeux, zèbres, hippopotames, gnous, impalas, springbok, dyk-dyk, buffles, rhinos, phacochères sont au rendez-vous..... pour mon plus grand plaisir.
Mais, il y a d'autres facettes de ce pays que les tours opérators ont passé sous silence : la misère et l'insécurité.
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Dès la descente d'avion, les bidonvilles s'étalent sur des dizaines de Km2, le fossé social entre les Noirs et les Blancs est infini, les tensions importantes, la criminalité galopante. L'insécurité est partout. Les fils barbelés électrifiés protégent les maison, de même que les sociétés de protection, les grilles, les hauts murs, les barreaux aux fenêtres, les grosses serrures, les alarmes, les codes secrets, les gardes privés armés, les chiens de combat dressés pour attaquer.
Cela ne concerne pas seulement la population blanche (12 %), mais aussi les Noirs dès qu'ils possèdent quelques biens, car ils deviennent aussi une cible.
Mandéla et la fin de l'Apartheid.
Avec lui, l'Afrique du Sud a rêvé d'une société multiraciale harmonieuse. Mais l'utopie ne durera pas. C'est sans compter sur la pauvreté, sans les guerres incessantes qui agitent depuis des décennies les pays limitrophes et jettent sur les routes de ce pays des milliers d'immigrants venus du nord (Angolais, Nigérians, Mozambicains..). Les miséreux s'entassent dans les bidonvilles insalubres, faisant de ce pays le lieu le plus dangereux, le plus misérable du monde où l'on tue pour voler une montre, quelques monnaies, et même sans motif, juste pour "crever du Blanc", pour qu'ils prennent peur et qu'ils partent, comme nous le raconteront des Universitaires rencontrés lors d'un dîner.
La chasse aux Blancs a commencé et ils fuyent vers l'Australie, la Nouvelle Zélande, le Canada. L'argent est toujours aux mains des Blancs. Ils ont tout : les mines de diamants, l'or, les usines, les banques, le grand commerce, les grandes exploitations... Il ne s'agit donc pas d'un affrontement entre Blancs et Noirs, mais, surtout, d'une guerre pernicieuse entre riches et pauvres. Sans compter avec le sida galopant, la pire épidémie qui ravage l'Afrique.
La ville du Cap
Ascension de la Montagne de la Table avec son beau point de vue. Ballade en bateau dans le port, jusqu'à la réserve d'otaries et promenade au Cap de Bonne Espérance. Nous irons ensuite à Stellenbosh pour déguster des vins sud-africains un peu âpres. Mais la navrante inégalité entre la richesse des propriétaires de vignobles et la misère de ceux qui y travaillent nous rattrape là encore. De belles maisons de type hollandais puisque ce sont eux qui bâtirent les villes.
Nous visiterons une classe de tout petits enfants. Ils chanterons des chansons.
Mini safari au petit matin dans le Karoo, sans grand succès auprès des animaux qui semblent nous bouder. Seules les autruches curieuses nous font l'honneur de leur présence, mais rencontre intéressante, le soir, autour d'un feu de bois avec des Bushmen, ce peuple vivant encore comme il y a des milliers d'années.
Nous remontons vers le Nord, vers Kimberley où nous devons visiter une mine de diamant. Visite annulée, à cause de grèves. C'est dans cette ville que j'ai eu la plus grande frayeur de ma vie.
Nous nous sommes attardées à discuter après le dîner avec les universitaires rencontrés.
Il doit être une heure du matin.
Seule avec une autre femme du groupe, dans l'ascenseur de l'hôtel, nous sommes rejointes par deux grands Noirs. Leurs yeux expriment la haine, la haine du Blanc. Le danger est palpable, ils ne parlent pas et nous fixent avec un regard fou. Prenant sur moi et avec un sourire, je leur dis "bonjour" en français et non en anglais ou en Afrikaner (mélange d'anglais, hollandais, zoulou). Pour bien nous différencier, je continue ma discussion en français, comme si de rien n'était. Ils restent de marbre et je suis persuadée qu'ils vont nous tuer, au mieux nous agresser. Arrivées à notre étage, ils nous suivent dans le couloir désert. Par chance, ma chambre est très proche de l'ascenseur. Nous nous y sommes réfugiées en toute hâte, blêmes de peur, et avons appelé la réception et la sécurité.
Que faisaient-ils là, nous ne le saurons jamais. Ils ont disparu par l'escalier de service. Sans échanger un mot sur notre peur réciproque, nous avons cru, toutes deux, notre dernière heure arrivée.
J'en tremble encore !
Nous devons visiter le Lesotho, petit pays plein de charme enclavé dans les territoires de l'Afrique du Sud.
Mais des ethnies rivales s'entretuent depuis plusieurs semaines. Nous contournons le pays pour arriver jusqu'à Durban tardivement et en pleine nuit. Ville sans grand intérêt. Le lendemain, nous assistons à un spectacle de danses zoulous étonnant et visite de la réserve animalière d'Huluhuwe. Il pleut des cordes, mais cela nous a permis de voir les animaux qui sortent des fourrés pour se rafraîchir, notamment un grand nombre de rhinos.
Puis longue route à travers le Natal et le Transvaal : plantations de tabac, de thé et de nombreux vergers.
Sans discussion possible, c'est le safari en 4/4 dans le parc Kruger qui me laissera mes plus belles images et souvenirs. Sous les acacias, entre les buissons épineux, dans les herbes maigres de la savane africaine, nous pouvons découvrir des dizaines d'antilopes broutant et vaquant paisiblement comme des vaches dans nos prairies. Une famille de lionnes somnolait sous un arbre, des éléphants immenses traversaient la piste, des zèbres aux fesses rebondies broutaient parmi les gnous à la barbe blanche, des girafes timides se déplient graciles jusqu'au toit plat des acacias qu'elles effeuillent en se jouant des épines. Des phacochères bougons fouillent le sol, agenouillés, indifférents au va-et-vient des 4/4.
L'Afrique déploie sa magie comme sa violence..
Nous évitons Johannesburg devenu un coupe-gorge, une ville totalement investie par les Noirs, l'Afrique de la débrouille. La fière cité blanche opulente a fait long feu.., et se décompose. Fuir Jo'burg, c'est la seule préoccupation des jeunes blancs sud-africains.
Plus tard, visite de la maison de Mandéla dans Sowéto, déjeuner dans un restaurant africain... Tout est organisé pour les touristes européens, mais l'ambiance ne trompe guère.
Décollage vers le Zimbawé. Beaucoup plus zen... , la "vraie" Afrique, celle que j'imaginais. Dans les arbres jacassent des grappes de singes chapardeurs à l'affut de la moindre inattention. Les chutes Victoria sont un miracle de la nature, deux fois plus impressionnantes que les américaines et le site est préservé. Il mérite le détour.
Nous passons la frontière : arrivée en Zambie pour un survol en hélicoptère des chutes, de la brousse, des troupeaux d'éléphants, et enfin promenade en bateau au coucher du soleil sur le fleuve Zambèze, ce qui nous permettra de voir beaucoup d'hippopotames et de belles girafes venues boire le long du cours d'eau.
L'hôtel est superbe, avec vue sur la brousse, entouré de buissons fleuris, de mares où viennent se désaltérer les animaux. Les singes ont fait une razzia dans ma chambre, car j'ai oublié de refermer la fenêtre entrebâillée. Ils ont avalé mes médicaments ! Le lendemain matin, ils ont tous disparu, ils doivent tous être malades... probablement d'un mal au ventre !
Visite de Prétoria, départ de Jonesbourg pour un retour vers Paris.
un voyage surprenant....
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Les chutes Victoria |
les hippopotames |
Les Chutes Victoria
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