1988 - Maroc du Sud
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| Ouarzazate ; le "village" du Club | rencontre fortuite en plein désert |
pique nique au bord de l'oued
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Huit jours au soleil, j'en ai besoin.
Direction le sud Marocain.
Arrivée par vol direct à Ouarzazate et deux jours de détente dans le "village" du Club, ce qui permet de découvrir la ville avant le grand départ vers l'extrême sud.
Le séjour est très confortable, il y a une petite piscine chauffée, des chambres spacieuses et des écuries où l'on peut programmer des ballades à cheval dans les alentours. Le paysage est désertique mais somptueux car depuis la terrasse nous avons vue sur la Kasbah, la résidence du seigneur local, les maisons en pisé, l'oasis et les hauteurs enneigées de l'Atlas.
Des cigognes ont fait leur nid sur les toits de la kasbah et planent dans le ciel d'un bleu cobalt.
Un véritable dépaysement, loin de l'agitation des villes et surtout de Paris
Façon simple de découvrir le vrai visage de l'Atlas Marocain : partir avec deux 4L Renault adaptées pour la piste, avec un mécanicien, un guide et le minimum de bagages. Le surplus est resté à Ouarzazate où, avant notre départ, nous avions participé à une soirée folklorique très animée : hommes à cheval, chants de femmes costumées ...
Nous sommes cinq touristes, c'est peu, ce qui nous permettra des arrêts fréquents pour satisfaire facilement notre curiosité tel que bavarder quelques minutes avec des nomades.
Paysages grandioses de la vallée du Drâa et du Dadès : Kasbahs, grandes dunes, oasis et petits villages accrochés à la montagne comme des chèvres, mais aussi, sur les contreforts de l'Atlas, des bourgades perdues que nous traversons parfois avec prudence, car nous ne sommes pas forcément bien accueillis dans ces villages reculés du monde où les étrangers sont bannis.
Nous recevrons même des pierres à la volée.
Nous poussons notre découverte jusqu'à la lisière de la frontière Algérienne. Nous sommes surpris par la pauvreté de la population, la neige en altitude, les enfants marchent pieds nus, habillés par ce qui me semble être des vieux sacs de toile.
Nouvel incident : sur une piste de montagne, un camion voudra nous verser dans le ravin !
Nous sommes devenus blêmes.
Notre guide, tout en étant d'origine italienne, parle bien l'arabe, ce qui nous a valu une altercation musclée avec le chauffeur du camion qui nous a, enfin, laissé passer lorsque le 2ème véhicule, conduit par le mécanicien marocain, est arrivé à notre hauteur.
Je déconseille à des européens de partir avec une seule voiture et sans être accompagnés au moins d'un guide. Ces régions restent dangereuses et en cas de panne, tout peut arriver, même le pire. Nous rencontrons un homme avec, à son bras, une superbe montre "bling bling" de grande marque connue et notre guide se demande comment il a pu se la procurer ?? Mystère.
Voilà la suite du programme !
Direction Zagora, l'étape la plus méridionale. Les panneaux de signalisation nous indiquent que nous sommes à "52 jours de chameau de Tombouctou", sur le chemin des caravanes !
Traversée de l'oasis de Oulad Driss, visite de la bibliothèque de Tamghrouft pour admirer le plus vieux coran enluminé, puis découverte des Souks et rencontre avec des potiers.
Le lendemain, direction Erfoud, avec ses beaux paysages d'oasis et de désert, ses pistes montagneuses. Nous déjeunons à Alnif au restaurant "La gazelle du sud", puis nous reprenons la route pour arriver à Erfoud, diner et logement à l'hôtel Salaam. Il y a une piscine, mais l'eau n'est pas très claire, pourtant nous aurions bien piqué une tête.
Le jour suivant, départ très matinal à 5 heures pour découvrir le lever du soleil sur les splendides dunes de Merzouga d'où l'on admire un impressionnant panorama et un désert d'ocre étincelant.
Le paysage est merveilleux : traversée d'une palmeraie, c'est un havre de fraicheur, de verdure autour d'un oued. L'eau coule alimentée à longueur d'année par les fontes des neiges de l'Atlas. La palmeraie produit des dattes, des fruits, des céréales, des légumes.
Nous quittons ce lieu enchanteur, direction Tinerhir en passant par la vallée du Ziz.
Les amandiers et les pêchers sont en fleurs. C'est magique.
Sur le retour vers Ouarzazate nous serons assaillis par un vol de criquets "pèlerin", ce qui est spectaculaire.
Ils font 8 à 10 cm de long, pèsent quelques grammes, et opèrent des ravages terribles car ils dévorent toute la végétation qu'ils rencontrent. Ils sont de retour par millions dans la région du sud Maroc alors que les autorités croyaient les avoir éradiqués. Ils se déplacent en essaims de centaines de millions d'individus, sporadiquement comme des poussées de fièvre et sont la conséquence des soubresauts guerriers de l'Afrique, car impossible de lutter correctement contre les larves et de suivre leur progression dans les pays en guerre.
Ils s'installent notamment en Mauritanie dans les zones de combat sahraouis.
Ces bestioles, qui se déplacent au gré du vent, peuvent dévaster les cultures et affamer des millions d'hommes qui n'ont guère de moyens pour les chasser. Les femmes crient, agitent des balais, tapent dans des casseroles ou des tambours, mais tout cela est insignifiant face à l'ampleur du désastre.
Depuis les temps bibliques ne sont-il pas la huitième plaie d'Egypte ?
En attendant, ils s'écrasent sur notre pare-brise comme de grosses gouttes d'eau et c'est dégoûtant car les essuie-glaces n'arrivent pas à suivre et on n'y voit plus rien.
C'est gluant, Beurk !
Par contre, après sept années de sécheresse, nous avons la chance de voir le désert devenir vert et fleurir après une pluie tombée par miracle. Les graines poussent instantanément à vue d'oeil.
Encore de la magie ! La vie est là, prête à redémarrer. Les chameaux en liberté, ou entravés de liens aux pattes pour qu'ils ne s'éloignent pas trop, profitent de cette aubaine inespérée.
En cours de route, nous avons pris en stop un vieil homme seul sur la route désertique et l'avons accompagné chez lui pour lui éviter une longue marche à pied. Il était heureux et, pour nous remercier, il nous a offert le thé à la menthe dans la tradition berbère sur de grands plateaux d'argent.
Il nous a présenté sa femme, sa mère, ses enfants, sa vache et son veau ! Cela faisait plaisir de le sentir si réjoui, et nous n'arrivons pas à repartir, d'autant que notre guide trouve sa fille bien jolie !
Il serait bien rester diner.
Le dernier jour sera consacré à la découverte du Ksar de Tinerhir, des gorges et de la vallée du Dadès.
Comme c'est beau !
le thé chez l'habitant
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